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halloween

 
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MessagePosté le: 09/12/2008, 10:15
Sujet du message: halloween
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La bande joyeuse descendait la rue du village en chahutant.
C'était un jour exceptionnel et ils comptaient bien en tirer un maximum de plaisir, car
rien n'excite davantage les enfants que de jouer à se faire peur.
Dans la pâle lumière des réverbères, on pouvait reconnaître quelques silhouettes : il y
avait deux, non, trois petites sorcières, un loup-garou, deux squelettes, quelques gros
monstres verdâtres et au moins quatre vampires facilement identifiables à leur teint
blafard qui tranchait sur l'atmosphère nocturne qui régnait à présent dans les rues du
petit village isolé.
Ils ralentirent en passant devant un magasin, contournèrent la façade et arrivèrent à la
porte qui donnait accès au logement du marchand. Il y eut des rires étouffés, des
coups de coude donnés et reçus, puis le plus courageux de la bande se décida.
C'était un petit vampire très courageux et c'était lui aussi qui aurait la plus grosse part
des friandises qu'ils étaient en train de récolter. Il s'avança vers la porte et aussitôt,
tous les autres firent silence en l'observant : allait-il oser ?

Il observa tout d'abord avec beaucoup d'attention la poignée de la sonnette, comme s'il
avait craint qu'elle ne fût enduite de poison ou ne pût déclencher un piège épouvanta-
ble, puis, lentement, il tendit la main, saisit fermement le morceau de métal verdi par
le temps et tira un coup sec.
Les câbles qui partaient de la poignée émirent un long grincement de métal fatigué,
puis se décidèrent enfin -mais on sentait bien que c'était à contrecœur- à remplir leur
office et un tintement clair se fit entendre.

Dans le groupe, plus personne ne disait rien, les respirations s'étaient faites plus
rapides, les cœurs battaient plus vite. La maison restait silencieuse.
Au bout de plusieurs minutes, un pas lourd se fit entendre, accompagné du
gémissement des marches de l'escalier. Des marches en bois qui se plaignaient
amèrement dans leur langage de marches en bois, du poids énorme qu'elles avaient
à supporter. Ensuite, ils entendirent un pas traînant sur le sol carrelé du corridor.
Le sol carrelé aurait bien voulu se plaindre aussi, mais il n'avait pas les ressources
vocales des marches en bois et il resta donc muet, supportant sa douleur en silence,
ainsi qu'il convient à un sol carrelé. Le marchand approchait.

Une clef massive tourna dans la serrure bien huilée. Le marchand avait une grande
confiance dans sa serrure en raison de la protection efficace qu'elle lui prodiguait
contre les importuns de tout poil et il lui témoignait une reconnaissance infinie, qu'il
exprimait à grand renfort d'huile. Le sol carrelé et les marches en bois, incapables
d'arrêter les importuns, ne jouissaient pas, eux, de soins si attentifs, ce qui faisait
qu'ils étaient couverts de poussière, de crasse et plein de toiles d'araignées.
La porte s'entrouvrit lentement et le marchand passa la tête par le mince entrebâille-
ment. C'était un ogre.

Tout le petit groupe recula.
- Ah ! C'est vous ? dit l'ogre. Vous auriez pu passer à un autre moment qu'au milieu du
souper. J'ai un gosse qui refroidit dans mon assiette. Qu'est-ce que vous voulez ?
Bien qu'il ait reculé de trois pas au moins, le courageux petit vampire se trouvait
encore devant tous les autres membres du groupe qui avaient reculé encore bien plus
loin. C'était à lui de répondre, il le savait. Il respira profondément, serra ses petits
poings de petit vampire et récita la formule avec une hardiesse merveilleuse qui
subjugua tous les autres enfants et qui l'étonna lui-même :
- Tricks or treats !
L'ogre n'eut pas l'air surpris. Il éclata même d'un rire qui évoquait fidèlement un
éboulement de très gros rochers.
- Ben voyons, dit-il. C'est Halloween ce soir. Tenez les enfants, amusez-vous bien !

Et il leur tendit un gros sac de papier. Le petit vampire fit trois pas rapides, saisit le
sac et recula aussitôt. Tout le groupe s'en fut en courant, riant de l'émotion éprouvée,
tandis que la porte du marchand se refermait et qu'il remontait, de son pas lourd, les
vieilles marches en bois qui se plaignirent à nouveau.
Les enfants s'arrêtèrent un peu plus loin sous un réverbère. Le petit vampire, qui tenait
toujours le sac en papier, l'entrouvrit et jeta un coup d'œil anxieux à l'intérieur pendant
que les autres se bousculaient autour de lui pour voir aussi.
Il y eut des cris de bonheur et de ravissement lorsqu'ils découvrirent les merveilleuses
friandises que le marchand leur avait données.
Il était déjà tard et les enfants savaient qu'ils auraient dû rentrer chez eux. Ils avaient
sonné à presque toutes les portes du village et leurs bras étaient surchargés de sacs
et de paquets. Il restait cependant une question que personne n'osait poser...
  Ce fut une jeune sorcière qui se décida.
- Et si on allait à la Maison ? murmura-t-elle.
- Tais-toi, répliqua immédiatement le loup-garou qui se trouvait être son grand frère.
Tu sais bien ce que nous avons promis.
- Oui, dit la petite sorcière.

Et tous les autres enfants le savaient aussi. Leurs parents leur avait permis de
participer à la fête d'Halloween à la condition expresse de ne pas aller traîner du côté
de la Maison.
C'était vrai que, même en plein jour, la Maison avait un aspect bizarre. C'était vrai
qu'elle était située un peu en-dehors du village. C'était vrai aussi que ses habitants se
montraient peu dans les rues, et que lorsqu'ils le faisaient, il se montraient très
discrets, comme pour ne pas attiser davantage une curiosité que leur habillement
étrange et leur physique inhabituel éveillait chez les villageois. Mais d'un autre côté, la
pleine lune éclairait brillamment le chemin et le démon de la curiosité, allié ce soir-là
au démon de l'envie de braver les interdits picotait les enfants d'une façon intenable.

- Bon, fit le petit vampire courageux. On y va, mais tout le monde reste derrière moi.
Je ne veux pas d'accident avec ces gens-là.
Cela faisait très bien l'affaire du petit groupe. Ils se mirent en route sur le chemin que
la lune illuminait de bleu clair, silencieux, marchant en groupe compact, sans courir ni
se bousculer.
Bientôt ils furent devant la Maison.
Ils restèrent là quelques minutes. Aucun d'entre eux ne se décidait à bouger. La petite
sorcière dit enfin, d'une toute petite voix :
- Ben… on y est, non ?
Ils y étaient. Tous les regards se tournèrent vers le petit vampire.
- Ben… tu y vas ? dit la petite sorcière.
Il était obligé d'y aller. D'une main mal assurée, il ouvrit la porte du jardin qui s'ouvrit
en silence et, le petit groupe sur ses talons, il traversa l'allée qui séparait les carreaux
bien entretenus où poussaient des plantes qu'il ne connaissait pas.
Ils s'arrêtèrent à quelques pas de la porte. Propre, fraîchement repeinte, elle ne leur
inspirait aucune confiance.
Le petit vampire s'approcha, cherchant la poignée de la sonnette. Il n'y en avait pas. A
la place, il y avait une sorte de petit bouton blanchâtre, fabriqué dans une matière qu'il
trouva malsaine, qui se trouvait juste au-dessus d'une sorte d'étiquette couverte d'une
écriture qu'il ne put déchiffrer. Les autres le regardaient. Il appuya sur le bouton.
Il n'y eut pas de grincement, pas de bruits de câbles, seulement un "Ding-dong!" qui
était peut-être joyeux pour les habitants de la Maison, mais dont l'écho leur glaça le
sang. Presque aussitôt, la porte s'ouvrit.

Une dame entre deux âges apparut, le visage crispé. Elle regarda longuement la petite
bande immobile et parut se détendre un peu.
- Que voulez-vous ? demanda-t-elle.
Le petit vampire eut toutes les peines du monde à se remémorer la formule. Enfin,
du fond de sa mémoire paralysée par les conséquences possibles de la folie qu'il était
en train de commettre, les mots revinrent, s'assemblèrent et montèrent à ses lèvres.
- Tricks or treats, parvint-il à balbutier.

La dame parut surprise.
- Oh je vois, dit-elle. Ne bougez pas de là, je vais voir ce que j'ai.

Elle referma la porte. Aussitôt, tout le groupe se rassembla autour du petit vampire.
Tout le monde parlait en même temps.
- Vite, il faut partir avant qu'elle revienne.
- Elle se prépare à nous attraper.
- Papa et maman nous avaient bien dit de ne pas…

Ils se turent : la porte s'ouvrait à nouveau. La dame apparut, elle tenait un sac de
papier bleu à la main.
- Voilà, dit-elle, c'est tout ce que j'ai.
Le petit vampire tendit la main, mais il restait encore un bon mètre avant qu'il ne
puisse toucher le sac.
- Posez-le par terre, s'il vous plaît, dit-il.
La dame fit un pas en avant, posa le sac par terre, puis revint dans la Maison. Le petit
vampire se baissa, saisit le sac et recula sans la quitter des yeux.
Ils reculèrent tous, en groupe serré, comme pour se protéger d'on ne sait quel
maléfice invisible, traversèrent le jardin et se retrouvèrent sur la route. Le retour
jusqu'aux lumières du village fut long et silencieux.

Enfin, ils arrivèrent au premier réverbère.
Ils firent cercle, le petit vampire haussa le sac dans la lumière et l'ouvrit doucement.
- Bèèèèèrk ! qu'est-ce que c'est que cette odeur ? fit un squelette.

Le loup-garou se pencha et regarda par l'ouverture du sac. Il recula aussitôt, tout pâle.
- Il faut jeter ça tout de suite, dit-il.

La curiosité fut cependant plus forte que la crainte. Tous regardèrent.
Ce n'était pas, mais alors pas du tout le genre de friandises qu'ils espéraient. C'était…
dégoûtant, horrible, cela leur soulevait le cœur.
- Tu as raison, dit le petit vampire. Il faut jeter tout ça.

Il laissa tomber le sac de papier bleu, qui laissa échapper une partie de son contenu.
La petite bande s'écarta un peu. Ils se partagèrent le reste des friandises, puis se
séparèrent pour rentre chez eux en grignotant une partie de leur récolte.

Bien sûr, ils avaient promis à leurs parents de ne rien manger avant l'inspection rituelle,
mais comment résister à un sac de friandises aussi délicieuses ?
  Le petit vampire fut le premier chez lui, mais il faut dire qu'il s'était changé en
chauve-souris pour voler une bonne partie du chemin.

La petite sorcière, serrée contre la fourrure de son grand frère le loup-garou, rongeait
une petite main confite dans du venin de vipère.

- Quand même, dit-elle, il ne s'est rien passé de bien grave à la Maison.
- Non, répondit son grand frère en mâchonnant des yeux frits. N'empêche qu'on ne le
dira à personne. Papa serait capable de nous enfermer dans la crypte pendant un
siècle ou deux.

Sous le réverbère, le sac de papier bleu avait laissé échapper des biscuits à la
cannelle, des chocolats, des sucres d'orge et des bonbons qui brillaient doucement,
éparpillés sur le chemin. Aucun enfant du village n'en aurait voulu.

Demain, le cantonnier municipal (un dragon pas très futé mais consciencieux) le
brûlerait d'un souffle dédaigneux en faisant sa tournée, en se rappelant la nuit
d'Halloween où, il y avait bien des années, lui aussi était allé sonné à la porte de la
Maison des HUMAINS.
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MessagePosté le: 09/12/2008, 10:15
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